Association Odontologique France Vietnam

Informations brèves

6 mars 2016 –  La régénération des dents, comme la peau, l’intestin et le sang ?

Chez l’homme, après la denture lactéale, les dents permanentes sont non renouvelables. Chez l’alligator, il a été observé une capacité impressionnante à renouveler sa denture, une cinquantaine de fois pour chaque dent, cumulant ainsi entre 2000 et 3000 dents au cours d’une vie. Des chercheurs de l’Université de Californie du sud mènent actuellement des recherches pour comprendre le processus permettant à certains reptiles et poissons de renouveler leurs dents, comme les cheveux chez les mammifères.

crocodile

Durant leurs travaux, les chercheurs ont utilisé l’alligator comme modèle animal. Grâce à un scanner, plusieurs analyses moléculaires de la mâchoire et de la dentition des alligators ont mis en évidence le tissu où se trouve la lame dentaire, cruciale au développement des dents. Puis en étudiant la mitose aux différentes étapes ainsi que la formation répétitive des dents, les chercheurs ont commencé à mieux comprendre le mécanisme de renouvellement. Au premier stade de développement, la dentine forme une sorte de gonflement à l’extrémité qui serait en fait des cellules souches dormantes. Puis lorsque l’alligator perd une dent, certaines protéines (β-catenin,tenascin-C entre autres) seraient libérées pour activer ces cellules. Entrant rapidement en action, ces dernières déclencheraient alors le développement d’une nouvelle dent. C’est un processus que les chercheurs ont pu observer et qui s’est produit même quand la dent était volontairement enlevée. Or, la dentition de l’alligator présente la même organisation que celle des mammifères : un double palais et des os dentaires creux. Les chercheurs pensent donc qu’un tel processus pourrait peut-être avoir lieu chez l’homme. Il faut d’abord comprendre comment les molécules nécessaires interragissent pour que le processus se déclenche, mais le professeur Cheng-Ming Chuong pense qu’il est possible d’identifier le réseau régulateur du cycles des dents. Cette compréhension pourrait alors permettre de réactiver les cellules souches latentes dans les restes de lame dentaire humaine afin de redémarrer un processus normal de renouvellement chez les adultes qui ont perdu une dent. Des expérimentations chez la souris et le singe ont donné des résultats intéressants. Des essais sur l’humain sont déjà en cours. Mais il faudra encore de nombreuses années de recherche avant de pouvoir un jour voir son application au quotidien au cabinet dentaire.

Pour en savoir plus : http://www.pnas.org/content/110/22/E2009.abstract

 


11 février 2016 –  Odontologie conservatrice : un film anti-carie

Des scientifiques japonais ont mis au point un procédé révolutionnaire qui pourrait bientôt prévenir les caries et restaurer l’émail.

L’invention est un film ultrafin à base d’hydroxyapatite, biocompatible, une sorte d’émail artificiel.

D’une épaisseur de 0,004 millimètre, le film est obtenu sous vide au moyen de rayons laser projetés sur des blocs d’hydroxyapatite. Les molécules ainsi projetées tombent ensuite sur un bloc de sel chauffé et s’y cristallisent. Le sel est ensuite dissous dans de l’eau, ne laissant que le film cristallin.

Le produit obtenu est ensuite récupéré sur un papier-filtre, puis séché. Il est alors assez solide pour être pris avec une pince et appliqué sur les dents de manière invisible.

L’inconvénient est qu’il faut presque une journée pour que le film adhère parfaitement.

L’équipe estime qu’il faut encore deux ans (2018) pour arriver à une utilisation de ce film en pratique quotidienne.

Cette technologie est déjà brevetée au Japon et en Corée du Sud, et des demandes d’homologation ont été faites aux États-Unis, en Europe et en Chine.

Pour en savoir plus  : http://www.kindai.ac.jp/english/research/apatite.html

 


31 octobre 2015 –  Endodontie : des nano-diamants mélangés avec la gutta percha

Pour améliorer les traitements radiculaires, un bio-ingénieur de l’Université de Californie (Los Angeles), Dr Dean HO, a eu l’idée d’insérer des nano-diamants dans la gutta. Ces particules permettent une meilleure adhésion de la gutta sur la dentine grâce à leur géométrie et de retenir les molécules d’antibiotique. Bonus : les nano-diamants ne coûtent presque rien car ils sont récupérés de résidus de diamants. Les essais cliniques vont commencer en 2017.

Pour en savoir plus : http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/acsnano.5b05718

 


26 mai 2015 – Biologie : des cellules souches qui réparent naturellement nos dents

Des chercheurs français de l’INSERM ont isolé des cellules souches chez le rat capables de réparer les dents. Le mécanisme de réparation est basé sur les plaquettes sanguines, activées par la lésion dentaire, qui libèrent de la sérotonine et de la dopamine. Ces neurotransmetteurs libérés recrutent alors les cellules souches pour réparer la dent en se fixant à leurs récepteurs. L’équipe de recherche a pu confirmer ce résultat en observant une absence de réparation dentaire chez les rats dont les plaquettes modifiées ne produisent pas de sérotonine ni de dopamine. Ces résultats permettent d’envisager des stratégies thérapeutiques inédites qui viseraient à mobiliser les cellules souches résidentes de la pulpe afin d’amplifier le pouvoir naturel de réparation des dents sans avoir recours à des matériaux de substitution.

Pour en savoir plus :

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/stem.2037/abstract;jsessionid=C087E4593791F79079E9FA68824FE3C4.f03t03

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